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 {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.

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MessageSujet: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Sam 17 Juin - 12:36

C'était toi. C'était nous.

Je me suis un peu perdu en arrivant à Dublin. Je ne connais pas du tout ce foutu pays qu'est l'Irlande. A vrai dire, je ne connais rien à tout ce qui ne se situe pas en Amérique. Je n'avais jamais pris l'avion pour une aussi longue distance. Quelques heures pour aller au Canada, pour me déplacer aux Etats-Unis ou pour descendre en Amérique du Sud, c'est tout. Je n'ai pas aimé ce trajet. Je n'ai pas beaucoup plus supporté la boule au ventre dû à ma crainte de sa réaction. Je pense qu'elle va me tuer, ni plus ni moins.

Mais je suis là maintenant. Arrêté dans la rue où se trouve la maison de ses parents, à bord de ma voiture de location récupérée à Dublin. J'ai eus beaucoup de mal à trouver ce village qui pue le poisson -je n'exagère pas !-. Et maintenant je me demande ce que je dois faire. Y aller, évidemment ! Je ne peux pas rester enfermé dans cette voiture toute la journée ! J'en descends donc, claque la portière, la rouvre pour récupérer ma veste en jean sur le siège passager, la referme et enfile cette connerie. Il fait froid dans ce pays. Bon, une vingtaine de degrés ce n'est pas si froid que ça. Mais aux Etats-Unis actuellement, c'est plutôt la canicule. Alors je trouve qu'il fait froid ici !

J'ai quand même l'intention de rester alors je m'engage à pieds, dans l'allée étroite et gravillonnée, qui mène à la porte d'entrée de la petite maison. Vachement mignonne. J'aime pas ça. Au dessus du bouton de la sonnette, McDunvegan est affiché. Je ne me suis donc pas trompé. C'est sa mère qui m'a contacté et m'a indiqué leur adresse. J'ai cru comprendre que son mari n'était pas du tout d'accord et n'acceptera pas ma présence. Et que dire de Birdy ? A l'heure actuelle elle doit probablement me haïr. Et c'est pour ça que j'hésite autant à sonner. Mais quitte à avoir fait ce long voyage, autant que ce soit pour quelque chose ! Alors je m'y risque enfin. J'appuie sur le bouton et attends. Aussi sagement et aussi patiemment que possible. J'insisterai quoi qu'il arrive. Parce que je n'ai pas du tout l'intention de faire demi tour aussi facilement. Je dois la convaincre. Que j'ai merdé, que je regrette, que je veux faire marche arrière. Et surtout, que je le veux cet enfant. Je ne sais même pas si c'est une fille, un garçon, s'il est né, s'il est gentil, s'il lui ressemble ou s'il me ressemble.

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House so empty, need a centerpiece. 20 racks a table cut from ebony. Cut that ivory into skinny pieces. Then she clean it with her face man I love my baby. You talking money, need a hearing aid. You talking bout me, I don't see the shade. Switch up my style, I take any lane. I switch up my cup, I kill any pain. ✿ The weekend
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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Sam 17 Juin - 13:43





Oh le con

Dans QUEL PUTAIN DE MONDE c'était un truc à faire, hein ?

Une bonne journée s'annonçait pour Birdy. Vraiment. Il faisait beau et elle avait prévu de lire dans la véranda de ses parents. Elle avait même déjà choisi le livre et avait terriblement hâte de le commencer. Pour l'occasion, c'était son marque-page pieds-de-nazghûl qu'elle avait sorti, parce qu'il s'agissait d'un récit de High Fantasy et que le marque-page en question lui avait coûté un putain de bras. Quinze livres sterling ! Ok, c'était de la qualité, et une sorte d'achievement dans la vie d'un lecteur, mais du coup, autant rentabiliser la chose.

Oui, c'était une belle journée. Pour la première fois, sa fille Camille avait fait une nuit complète. Son berceau était dans la chambre de Birdy, qui tenait dur comme fer au fait de s'occuper d'elle et de ses réveils nocturnes. Du coup, sa première nuit complète en un mois, c'était le bonheur. Elle savait qu'elle était chanceuse et que ce n'était pas synonyme de nuits complètes pour toujours, alors elle avait savouré ce sommeil salvateur.

La maternité allait à la fois bien et mal à Birdy. Bien, parce que son corps avait gagné quelques formes,
et que son regard et son sourire rayonnaient de bonheur dès qu'elle posait les yeux sur sa petite merveille, et mal, parce qu'il était impossible de ne pas voir la fatigue qu'elle lui imposait. Ses yeux étaient cernés et, quand personne ne la regardait, elle laissait ses traits se tirer d'épuisement. Elle aurait pu profiter de la journée pour faire une sieste, mais elle savait qu'elle devait se maintenir occupée, continuer de réfléchir à autre chose plutôt qu'à la liste de tout ce qu'elle avait perdu. Sinon, elle deviendrait folle. Alors elle s'épuisait, brûlait la mèche par les deux bouts et se forçait à l'oubli.

La sonnette la tira des premières pages de son livre. Son verre de citronnade à la main, elle traversa la maison, pieds nus et vêtue d'une petite robe blanche, à la fois courte et lâche, dans laquelle elle se sentait à l'aise. Elle s'attendait à ce que ce soit Matthias, qui venait régulièrement prendre de ses nouvelles - elle n'était pas assez stupide pour ignorer pourquoi il se comportait comme ça et l'entourait de tendresse, mais ça lui faisait du bien.

Quand elle ouvrit la porte, elle sentit un grand froid l'envahir. Son sang se mit à bouillir dans ses veines et son cerveau se court-circuita un instant, si bien qu'elle n'eut pas d'autre idée que de lancer son verre de citronnade, contenant inclus, à la gueule de CE CONNARD D'AARON. Le verre le manqua, mais pas la citronnade, qui aspergea ses cheveux, sa barbe et ses vêtements. Les poings serrés, la jeune femme semblait prête, pour la première fois depuis qu'elle le connaissait - et pourtant ce n'était pas l'envie qui en avait manqué, loin de là ! - à lui casser le nez. Et malgré leur différence de taille et de stature, elle aurait tout à fait pu y arriver, dans cet état de fureur.

Dégage, pauvre con.

Sa voix était polaire, parfaitement calme. C'était ce timbre vibrant de fureur retenue qu'elle adoptait quand elle était vraiment à deux doigts de tuer quelqu'un. Elle pria pour qu'il s'en souvienne, parce qu'aller en prison pour meurtre ne faisait pas partie de ses plans.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Sam 17 Juin - 14:42

C'était toi. C'était nous.

Je ne m'attends évidemment pas du tout à être bien reçu par Birdy. Je pense lui avoir fait suffisamment de mal, pour qu'elle me haïsse plus que tout au monde. Je me suis préparé à ça et j'accepte. Cependant, je ne m'attendais pas vraiment à recevoir un verre en pleine tronche, aussitôt la porte ouverte. Je n'ai même pas le temps de vraiment la voir et la reconnaître, que je reçois une giclée d'eau. Non, pas de l'eau en fait vu comme ça pique les yeux. Je porte mes doigts à mes paupières que je frotte dans l'espoir que la citronnade veuille bien m'épargner un peu. Je jure tout bas et me détourne à demi. Au cas où elle ajouterait un truc derrière. Genre, un coup de genou bien placé. Elle en est capable, je le sais.

Birdy est du genre fausse calme. Elle a l'air toute douce et toute gentille au premier abord. Mais elle peut rapidement se révéler être une sacré peste. Parce qu'elle a mauvais caractère. Mais vu la situation actuelle, je peux comprendre et accepter la chose. Ce serait amplement mérité, on ne va pas se mentir là dessus !

D'accord. C'était mérité. Je ronchonne en essuyant mon visage, de la manche de ma veste. Celle qui a été épargné par le liquide glacé qui m'arrache maintenant un frisson.

Franchement, j'hésite quand même un peu à lui obéir pour le coup. Je sais qu'elle est capable de s'en prendre physiquement à moi. Et même si je suis largement plus costaud qu'elle, je n'aurais jamais le culot de lui rendre ses coups. Et à peine le courage de la repousser ! Mais je ne tiens pas à me faire castrer et à avoir une ou deux côtes brisées.

Laisse moi au moins te parler ...

Je fais mon malin sûr de moi et tout là. Mais je fais quand même un petit pas en arrière, pour avoir le temps de l'éviter si jamais elle voulait me frapper pour de vrai. C'est à ce moment là que je baisse les yeux sur son corps. Sa petite robe blanche a beau être assez ample, je devine sans mal qu'elle n'est plus enceinte. Et parce que je n'imagine pas du tout qu'elle ait pu abandonner ou perdre notre enfant, j'en déduis qu'il est né. Ou elle. A cette idée, je me crispe et tente d'ignorer la boule qui m'obstrue la gorge.

Je veux voir notre enfant. J'ai le droit de le voir.

Je me prends quelques droits surtout. Parce que j'ai été con à vouloir lui tourner le dos en apprenant qu'elle était enceinte. Mais j'ai flippé. C'est assez récurent chez moi.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Sam 17 Juin - 15:17





Oh le con

Dans QUEL PUTAIN DE MONDE c'était un truc à faire, hein ?

Plusieurs fois durant sa grossesse en solitaire, Birdy s'était effondrée et avait pleuré le manque, la peur, l'abandon. Aucune femme n'avait jamais rêvé d'une grossesse sans soutien.
C'était horrible de sentir une vie grandir en soi et d'être livrée à elle-même, sans personne pour répondre à ses questions, pour la rassurer, pour retenir ses cheveux quand les nausées la terrassaient.
La grossesse n'était pas la période rose et merveilleuse dont on parlait à la télévision. Et seule, c'était mille fois pire.

Alors de le voir, lui, cette enflure qui avait préféré planter sa queue dans une autre femme plutôt que de s'occuper de sa copine et de leur enfant à naître, devant elle, ça la rendait folle de rage. Il n'avait aucun droit d'être là. Aucun droit de la regarder. En fait, le seul droit qu'elle lui voyait actuellement, c'était de bouffer les pissenlits par la racine. Loin. Aussi loin d'elle et de leur fille que possible.

Laisse moi au moins te parler ...

Là, elle retenait encore les tigres qui mouraient d'envie de le bouffer, parce qu'elle sentait que le pire était à venir, et qu'elle ne pouvait plus aller très loin dans le crescendo de la fureur.

Je veux voir notre enfant. J'ai le droit de le voir.

Oh, putain, il l'avait dit. Finalement, elle allait peut-être devoir aller en prison pour meurtre.

Le droit ? Le droit ? Mais quel droit tu crois avoir, putain ? T'étais nulle part ! Nulle part pendant tout ce temps ! Tu baisais ta salope pendant que j'étais là à prier pour pas faire une fausse couche ! Tu baisais ta salope pendant que je pouvais rien manger sans dégueuler ! Tu la baisais pendant que je flippais à chaque fois que je saignais sans raison, et tu la baisais encore quand j'ai failli crever en accouchant ! Tu sais ce que c'est, une hémorragie utérine ? C'est qui a failli faire de MA fille - MA fille, tu entends ? - une orpheline, parce que son géniteur est une raclure de fond de chiottes sans couille qui est même pas capable d'assumer !

Cela faisait un mois qu'elle n'avait pas crié aussi fort, et la dernière fois, c'était au début de son accouchement, avant qu'elle perde trop de sang pour rester consciente. La grossesse avait été difficile.
L'accouchement aussi. Il n'était même pas sûr qu'elle puisse encore avoir d'autres enfants un jour.

Des droits, t'en aurais eu si t'avais été là. Si tu m'avais tenu la main pendant que j'avais l'impression de mourir. Si tu avais fait en sorte que j'aie pas à travailler pendant qu'un foetus me volait toutes mes forces, et si t'avais été là pour me rattraper quand l'épuisement me donnait des vertiges. Mais t'étais pas là, alors le seul droit que t'as, putain, c'est de fermer ta gueule et de retourner baiser, puisque t'es bon qu'à ça.

Sa voix avait repris son timbre glacial, mais une flamme s'était éteinte dans son regard. Il l'avait trahie,
avait trahi leur enfant, et se pointait comme s'il rentrait juste du travail après une longue journée. Elle se sentait soudain vide, creuse, mais il lui restait la force pour une dernière estocade, et elle la porta sans hésiter, sans plus de pitié qu'il n'en avait eu pour elle, lorsqu'il l'avait sue enceinte et qu'en réponse il l'avait trompée.

T'es qu'un gamin. Regarde-toi. Un mouflet qui pense que tout lui est dû, et fait des caprices à tout-va.  Quand des couilles te seront poussées et que tu apprendras à te comporter comme autre chose qu'un connard, on pourra reparler des kilomètres sur lesquels tu devras ramper pour avoir le droit de savoir son nom.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Sam 17 Juin - 16:35

C'était toi. C'était nous.

Il y a un éclat tout particulier qui ne tarde pas à faire briller les prunelles dorées de la jolie blonde qui me fait face. Ca sent la haine et la rancoeur à plein nez. Je sais. Je comprends. J'accepte plus ou moins. Je ne suis pas venu ici en m'attendant à ce qu'elle soit là, les bras grands ouverts, prête à m'accueillir à nouveau dans sa vie. Dans leur vie à elle et à notre enfant. Mais elle pourrait quand même faire un petit effort, non ? Non, sans doute pas. Et d'un côté, le fait qu'elle ait encore à ce point la rage, ça me prouve que j'ai encore de l'importance. Je suis bien conscient qu'il s'agit là d'une pensée très maladroite. Que je ne devrais pas me "réjouir" de la voir dans cet état. Mais ça signifie quelque chose quand même.

Je pâlis à vue d'oeil tandis qu'elle me fait part de toutes les choses que j'ai manqué. Mais surtout, des horreurs qu'elle a du vivre en mon absence. Je comprends davantage encore, qu'elle puisse m'en vouloir à ce point. Il y a effectivement de quoi ! Et je ne sais pas si je pourrai un jour me racheter. Je ne sais même pas quoi dire, quoi répondre. Parce que dans une seule phrase, j'apprends que j'ai une fille mais que celle que j'aime, a faillit mourir. J'en arrive à oublier de lui avouer que j'ai mentis concernant l'autre nana. Je ne l'ai pas trompé. Jamais. Mais elle ne me croira pas si je le lui dis.

Arrête ... Arrête Birdy !

Mais elle ne peut pas ou ne veut pas s'arrêter. Elle continue. Elle enchaîne en m'insultant ouvertement. Des mots assez creux qui ne parviennent pas tout à fait à m'atteindre. Parce que je suis bien conscient que ce sont la rage et la douleur qui la font parler ainsi. J'accepte de tout encaisser si ça peut la soulager.

Bird', je sais que t'es pas prête à me croire, mais je ne t'ai pas trompé. J'ai inventé cette fille pour te faire du mal, ça c'est la vérité.

Et ça a un peu trop fonctionné. Beaucoup trop à mon goût et je pense que ça se voit bien. Ce n'était pas du tout prévu qu'elle parte ainsi. Même si j'aurais du m'y attendre. Je n'ai pas réfléchis des masses ce jour là. Parce que j'étais perdu. Et que je tentais en vain de trouver une solution à tout ça. Comme assumer une paternité alors que je me voyais encore comme un gamin. Et que notre relation était tout sauf parfaite ?

S'il te plaît Bird', je veux la voir. J'ai besoin de la voir. Je tente un nouvel angle d'attaque. A me risquer à la supplier s'il le faut. Et pourtant, Dieu sait que j'ai un ego pas mal surdimensionné.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Dim 18 Juin - 13:36





Oh le con

Dans QUEL PUTAIN DE MONDE c'était un truc à faire, hein ?

Maintenant qu'elle n'avait plus la force de maintenir sa colère en place, Birdy souffrait. C'était un feu dans ses veines, et pas l'un de ceux qu'on décrit dans les films et qui sont synonymes d'amour éternel. Si cela n'avait concerné qu'elle, si elle avait été seule au moment de ressentir ça, elle se serait enfermée dans sa chambre pour hurler et pleurer sa souffrance comme un animal blessé. Mais même au plus fort des hormones et des peurs qui avaient entouré sa grossesse,
elle n'avait pas craqué à ce point. Elle avait toujours tenu le coup.

Bird', je sais que t'es pas prête à me croire, mais je ne t'ai pas trompé. J'ai inventé cette fille pour te faire du mal, ça c'est la vérité.

Elle eut un rire bref, sec et cruel qui ressemblait à un claquement de fouet. Donc en plus d'être un abruti et la pire enflure que le monde ait jamais portée, il la prenait pour une conne. Sublime. Merveilleux.
Un coin de son coeur essayait de se convaincre que, peut-être, il disait la vérité, mais elle l'étouffa brutalement en se disant que même si c'était le cas, meuf, on pardonne pas à une sous-merde pareille.

S'il te plaît Bird', je veux la voir. J'ai besoin de la voir.

Elle croisa les bras et carra les épaules, bloquant parfaitement l'accès à la porte. Elle aurait de quoi lui faire bien mal s'il essayait de passer de force. Cela dit, ce serait débile d'essayer de violer la propriété privée d'un couple d'avocats, mais bon, parfois, Aaron c'était loin d'être une lumière.

C'est ça, justement le problème. Quoi que tu dises, tu n'es pas ce qu'il faut pour ma fille. Si elle avait besoin d'un père, il faudrait que ce soit un un homme aimant, tendre, patient, fiable et impliqué. Tu n'es rien de tout ça, Aaron. Tu n'as jamais rien montré de tout ça envers moi, sauf l'amour - et encore, vu la manière dont tu t'es comporté, je doute que tu m'aies aimée - et je sais que tu ne seras pas capable d'offrir quoi que ce soit de tout ça à ma fille, tel que tu es maintenant.

Elle laissa échapper un soupir, parce que ça l'épuisait de devoir toujours être celle qui mettait le doigt sur l'évidence.

Regarde-toi. Quand tu es arrivé, tu ne m'as même pas demandé comment j'allais. Tu n'as pensé qu'à toi, à ce que tu voulais. Oui, quand ça te chante, tu sais faire plaisir, mais c'est plus que ça dont il est question. Tu n'es pas capable de faire passer les besoins des autres avant tes envies à toi. Bien sûr, penser d'abord à soi, ce n'est pas un problème quand on est encore un gamin sans responsabilité, mais là, ce que tu veux, c'est en avoir. Il faut que tu t'en montres digne.

Elle s'approcha de lui, si près qu'elle pouvait presque sentir son torse effleurer la pointe de ses seins,
et si à peine un an plus tôt cette proximité l'aurait fait frémir d'un plaisir anticipé, elle s'y ferma cette fois.
Elle ne voulait plus être sensible à lui, à ses mains sur elle.

Si tu veux être parent, tu dois te comporter comme tel. Range-toi. Arrête de dealer. Trouve-toi un vrai travail, et arrête de fréquenter ces types tarés qui pourraient voir en ma fille l'une de tes faiblesses.  J'avais déjà été menacée par ces types avec qui tu fais tes affaires, parce que j'étais ta copine, alors imagine avec la chair de ta chair ? Et puis, bordel, courtise-moi comme je le mérite, comme on le lit dans les livres, parce que si c'est pour me disputer avec toi tous les deux jours sous les yeux de ma fille, c'est hors de question. Quand tu commenceras à faire tout ça, quand tu seras responsable, sur la bonne voie pour être père, tu mériteras effectivement de l'être.

Elle savait qu'en terminant sur ça, avec cette voix calme, raisonnable, presque tendre, elle lui montrait en quelque sorte qu'elle le croyait capable d'y parvenir. Au fond, c'était peut-être vrai. Peut-être qu'il pouvait, et peut-être qu'elle avait envie d'y croire, de former une famille.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Dim 18 Juin - 15:01

C'était toi. C'était nous.

Bien sûr que ma petite confession lui arrache un rire plutôt que de lui offrir le moindre soulagement ou la moindre satisfaction. Je ne suis ni assez con ni assez naïf pour m'imaginer qu'elle va me croire sur parole. Pas après tout ce temps. Et pas aussi facilement. Surtout pas aussi facilement. Je comprends à la posture qu'elle adopte devant la porte d'entrée, qu'elle ne va pas me laisser passer. Qu'elle refusera jusqu'au bout, que j'aille voir sa fille. Notre fille. Ma fille. L'idée d'être père ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Au point que j'ai juste eus terriblement peur quand j'ai appris qu'elle était enceinte. Mais maintenant que c'est fait et que cet enfant est autant d'elle qu'il est de moi, je vois les choses différemment. J'aime Birdy. Je l'ai aimé dès les premiers jours. Je ne peux qu'aimer cet enfant. Un mélange de nous deux. Le fruit de ce qu'il y avait de plus beau entre nous.

Et ses mots qui me foutent à terre. J'ai été tout ça dans notre relation. Tendre, patient, fiable, aimant et j'en passe. Mais à ma façon, c'est vrai. Je ne suis pas expressif parce que je suis mal à l'aise avec les sentiments. Que je n'avais jamais aimé quelqu'un avant elle. Je n'ai pas osé me libérer autant. Je ne lui ai pas souvent dis que je l'aimais. De simples mots chuchotés au creux de l'oreille, au coeur de la nuit. Quand je n'avais pas à affronter son regard.

Tu sais très bien que je sais pas faire ces trucs là. Que je marmonne, un peu gêné, en évitant son regard.

Et je sais qu'elle a raison quand elle met le doigt sur l'égoïsme dont j'ai fait preuve. Je n'ai pas même eus l'air heureux de la revoir -et pourtant, Dieu sait que c'est le cas-. Je n'ai pensé qu'à voir mon enfant. Notre enfant. Mais ce n'est pas du tout ce que j'avais prévu. Pour ma défense, je me suis fermé quand j'ai reçu un verre de citronnade à la gueule en guise de retrouvailles. Je sais que c'était mérité. Mais ça m'a tout de suite fait perdre pieds.

L'avoir contre moi quand elle s'approche pour me défier, ne me fait pas le moindre effet. Rien de positif en tout cas. Je me sens tomber en miettes alors qu'elle m'affronte du regard et m'assène les derniers coups à grands renforts de mots qui blessent. De vérités qui font mal. Je n'arrive pas à savoir ce que je ressens. Je n'ai jamais eus à lui faire la cours parce qu'on est juste tombés dans les bras l'un de l'autre un peu du jour au lendemain. Et qu'elle aurait du ne rester qu'une aventure d'une nuit ou deux. Mais je me suis fais prendre au piège de ses grands yeux clairs et de ses sourires aussi indécents qu'innocents.

Arrête de me prendre de haut Birdy. C'est pas parce que tu as accueillis notre enfant, que tu vaux mieux que moi. Que tu es plus mature et plus responsable. Je continue d'éviter son regard parce que je ne suis pas certain de pouvoir assumer un tel affrontement. Et que je ne tiens pas à lui montrer la détresse qui m'envahit. S'il te plaît Bird. Ca fait des mois que je te cherche. Que tu veuilles pas me voir, je peux comprendre. Mais laisse moi la voir rien qu'une minute. C'est peut-être con, nous ne sommes plus à quelques jours près. Mais j'y tiens. Ca me ronge.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Dim 18 Juin - 15:44





Oh le con

Dans QUEL PUTAIN DE MONDE c'était un truc à faire, hein ?

Elle avait froid, Birdy, malgré la caresse douce du soleil sur sa peau. Elle avait froid à l'intérieur. Son sang bouillonnant s'était fait de glace. Elle se frictionna les bras, essayant de le faire discrètement, pour ne pas montrer de faiblesse. Elle s'était attendue à le revoir, peut-être, un jour, mais elle pensait s'être préparée. Se montrer assez forte. Mais il y avait une part faible et amoureuse au fond d'elle qui ruait contre les barreaux de sa cage et la suppliait de céder à l'élan qui la poussait vers lui.

Arrête de me prendre de haut Birdy. C'est pas parce que tu as accueillis notre enfant, que tu vaux mieux que moi. Que tu es plus mature et plus responsable. S'il te plaît Bird. Ca fait des mois que je te cherche. Que tu veuilles pas me voir, je peux comprendre. Mais laisse moi la voir rien qu'une minute.

Encore cette rengaine. À croire qu'elle, elle ne comptait pas, que sa fille non plus ne comptait pas, leurs besoins, leurs désirs, du sable répandu aux quatre vents. Tout se centrait sur lui, sur ce qu'il voulait,
et pour l'obtenir il piétinait des coeurs et brûlait des âmes.

Non, Aaron. Tu ne la verras pas. Tu ne le mérites pas. Tu n'es pas un homme bon pour elle. Tu peux le devenir, mais actuellement tu ne l'es pas, et je ne mettrai pas l'avenir de ma fille en danger pour ton énième caprice.

Elle fouilla dans le petit porte-feuille qu'elle avait toujours sur elle au cas où. Parfois, avant, elle le cachait dans son décolleté, comme dans les films, pour faire rire Aaron, qui allait le chercher, parfois avec les dents. C'était amusant, frais, vivifiant, et ça avait scellé son amour pour lui, un amour qu'elle avait souvent eu l'impression de vivre à sens unique, quand il était sans ses mauvais jours, quand il séparait mal sa vie avec elle et sa vie de dealer. Les mains tremblantes, elle lui tendit une petite photo sur laquelle un bébé enveloppé dans une couverture blanche dormait, dans les bras de sa mère au sourire tendre et rayonnant.

Prends cette photo. Elle a été prise il y a trois jours, dans le jardin. C'est la plus récente que j'ai, et je te l'offre, parce que malgré toute la colère que je ressens pour toi, je ne peux pas m'empêcher de croire en toi, de penser que tu peux devenir ce père dont je rêve pour ma fille. Je t'en prie, fais ces efforts. Je ne veux pas me battre contre toi, mais sur ce point, tu me briseras avant de me faire plier, parce que je ne t'offrirai pas de concession.

Après tout, cette guerre-là, ce n'était pas pour elle qu'elle la menait. Elle savait qu'elle allait souffrir,
peut-être au-delà de ce qu'elle pensait pouvoir tolérer, mais ce n'était pas sa vie à elle qui était en jeu et cela seul suffisait à lui donner la force de tenir.

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MessageSujet: Re: {Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.   Dim 18 Juin - 17:05

C'était toi. C'était nous.

Elle n'arrête pas de me dire et de me répéter que je ne suis pas "bon" pour elle. Que ce soit elle, Birdy. Ou elle, notre fille. J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre. Je sais que je ne fais pas un boulot franchement acceptable. De ce côté là, je comprends et j'accepte. Et je ne sais pas si je vais réussir à changer ça, mais je veux bien essayer. En fait, je n'ai surtout pas le choix. Mais moi en tant que moi, je ne suis quand même pas si terrible, si ? Pas très démonstratif, ouais. Mais ça ne fait pas de moi un monstre. Je ne sais pas comment aimer correctement mais je sais aimer quand même (j'ai découvert ça avec Birdy).

Pourquoi tu me parles de mettre son avenir en danger ? T'exagères les faits ...

C'est vrai, non ? Je ne peux pas imaginer qu'elle me voit comme un fou dangereux. Moi en tant que personne, je ne le suis pas. Handicapé des sentiments, tout au plus. Je me tends un peu quand elle sort une photo de son porte feuille. Parce que c'est con ... Mais je sais d'avance que ça va me faire un truc. Et c'est le cas en effet. Je ne sais pas ce qui me fait le plus d'effet dans ce cliché. La beauté éblouissante de Birdy ou ce bébé dans ses bras. Cette adorable bouille que je rêve de rencontrer "en vrai". De nouveau, je me refuse à planter mon regard dans le sien. Je suis perdu. Submergé par une vague qui a déferlé et tout détruit sur son passage. J'en viens à me demander qui je suis, ce que j'ai fait, ce que je fous là, pourquoi de cette façon.

Merci ...

C'est tout ce que je parviens à souffler d'une voix à peine audible, le regard toujours accroché à la photo que je tiens d'une main tremblante. Qui trahit mon état émotionnel. Mais à cet instant, je m'en fous de trahir ça. Parce que je ne peux pas demeurer insensible. Et je la remercie pour la photo. Pas pour ses mots. Je m'en fous qu'elle croit assez en moi pour me penser capable de devenir le père qu'il faut. Parce que je continue de penser qu'elle exagère les choses en ce qui me concerne.

Je ne sais même pas si je dois ajouter quoi que ce soit. Si je dois promettre d'essayer ou affirmer que je ne bouge pas, que je reste dans le coin si jamais. Je me sais incapable de parler ceci dit. J'ai la gorge nouée et je crois que les yeux qui brûlent, c'est le signe que je suis bien capable de fondre en larmes d'une minute à l'autre. Et croyez-le ou non, je n'ai jamais chialé devant qui que ce soit, de toute ma vie. A vrai dire, je n'ai pas beaucoup pleuré ces vingt huit dernières années. La dernière fois, ça doit remonter à mon enfance. J'ai bien du pleurer, comme tous les gamins.

Finalement, j'abandonne. Ou je me rends, je ne sais pas. Je ne lève qu'un très bref regard vers elle, je hoche vaguement la tête et je me détourne pour rejoindre la voiture de location qui m'attend un peu plus loin. Avec, surtout, les doigts toujours serrés autour de la photo.

_________________

House so empty, need a centerpiece. 20 racks a table cut from ebony. Cut that ivory into skinny pieces. Then she clean it with her face man I love my baby. You talking money, need a hearing aid. You talking bout me, I don't see the shade. Switch up my style, I take any lane. I switch up my cup, I kill any pain. ✿ The weekend
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{Birdy & Aaron} Je t'aimerai comme on aime le soleil en été.
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